Tombe 182 : fibule serpentiforme.

Une fibule à arc serpentant.

Cette fibule est composée d’une spirale aplatie comme ressort, qui se prolonge en un arc relativement étroit constituant le corps de la fibule. L’ardillon correspond au bout de l’arc. Cet ardillon repose lui-même sur un porte ardillon à disque permettant de bloquer la fibule en position fermée. Il s’agit du seul élément pourvu d’un léger décor. Un début de spirale est incisé partant d’un côté vers son centre, lui donnant un aspect de coquillage.
L’ouvrage a été réalisé en fonte pleine, le disque est en bronze martelé.
Sa forme assez géométrique, ainsi que la présence d’un arc de cercle sont des éléments permettant de la considérer comme caractéristique de la seconde partie de l’époque villanovienne, soit entre le IXe s. av. J-C et le VIIIe s. av. J-C.

Les fibules à l’époque villanovienne.

Les fibules sont un élément courant de l’habillement antique, notamment en Italie et en Grèce. Elles permettent de maintenir les pans de tissus qui composent l’habit de l’époque, simple rectangle de toile. Selon la manière dont le vêtement est porté, le nombre de fibules varie, d’une pour l’exomide des enfants ou les hommes à généralement deux (chiton pour les femmes), même si plus peuvent être utilisées, notamment dans un but décoratif.
Il existe plusieurs styles de fibules à l’époque villanovienne : à “sanguisuga” composées d’un arc bombé, qui seront par la suite en partie remplacées par les fibules “à navicella” à arc bombé creux. Il y a également des fibules à arc simple ainsi que des serpentines possédant plus de courbes.
Des fibules sont toujours présentes dans les tombes que ce soit dans le mobilier ou dans l’urne en elle-même ornant alors les habits rituels du défunt. Elles sont en revanche généralement d’une taille supérieure à celles utilisées quotidiennement. Elles permettent, avec l’urne, de donner une idée du sexe du mort. Les deux types à arc bombé sont généralement trouvées dans des tombes féminines, et les serpentines dans les tombes masculines.

Origines

Les fibules serpentines sont présentes dans le Latium, ainsi que dans la culture atestine en Italie septentrionale, mais furent également retrouvées dans des sanctuaires grecs sous forme d’ex-voto. Le style est courant au sein de ces régions au vu des mobiliers funéraires trouvés dans les nécropoles de Monterozzi à Tarquinia, ou encore de la Capriola.
Diverses acculturations ont également permis sa diffusion, sous des formes variées en Italie. La fibule a ‘’loquet à boutons’’ suivrait le modèle d’une fibule serpentine septentrionale avec une influence italique. Dans la même idée, la fibule serpentine de la tombe 182 doit probablement être le fruit d’une acculturation italique de par son côté moins anguleux, avec une seule courbe, contrairement aux fibules serpentines classiques.

Bibliographie

HENCKEN Hugh, Tarquinia, Villanovans and early Etruscans, Cambridge, 1968.

TRUCCO Flavia, ”La nécropole villanovienne de Villa Bruschi Falgari”, In: Les dossiers d’Archéologie n°322, 2007, pages 16 a 21.

MACKINTOSH TURFA Jean et MUSKET Georgina, Catalogue of Etruscan objects in world museums, Liverpool, 2017.